Il n'est pas temps d'attendre, courons après le temps qui file et s'enfuit et qui nous fuit. D'ailleurs, nous ne le rattraperons jamais, pas possible de le rebobiner, le temps passé n'est plus, il vit à l'imparfait, n'en parlons plus. Alors, on court vers l'avant...

A quoi sert de se presser (le citron) pour gagner du temps... le gagner contre qui? Si je gagne du temps, qui en perd? Est-ce un système de vases communicants? Ou il n'y aurait qu'un grand bol de temps où chacun puise au détriment des autres, des autres de son temps?

Mais alors, les gens qui ne sont pas de leur temps, où vont-il le chercher? Dans un autre bol d'air, celui de l'air du temps, à la fois éternel et fugace, car les temps changent, c'est bien connu, surtout en Irlande où le temps change très vite. Pluie, soleil ou nuage, l'air du temps peut se rafraîchir quand il vient du Nord, alors on court après le temps pour se réchauffer, on se presse les uns contre les autres, on vole des instants dans la course contre la montre, on fige les aiguilles pour un petit moment, on savoure enfin le temps qui passe et s'écoule au ralenti, qui nous est prêté mais nous est compté... Ami, ennemi, le temps nous joue des tours, on en manquera toujours...

Alors ne serait-il pas notre bien le plus précieux dans cette époque agitée? Pas de doutes, l'air de rien, nous vivons dans l'ère du temps!

Mary