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Pour celui qui connaît Barjavel, le titre "Ravage" devrait rester la pierre cataclysmique gravée dans la mémoire bibliographique. L'auteur de "La Nuit des Temps" n'a pas hésité à dépasser les frontières de l'inconcevable chaos pour, aussi tôt bâti, réduire en cendres (littéralement) un Paris futuriste et improbable.

Bien que je sois fanatique des élans dévastateurs en tout genre, intrigué d'un récit de plus sur la fin des temps, je me suis laissé serrer la gorge et compresser les tripes! S'il donne toute sa grandeur à l'accomplissement de l'anéantissement, il ne manque pas de décrire avec une précision médicale, l'horreur psychologique et physique dont sont infligés les personnages, malheureux survivants de l'hécatombe. Des corps en lambeaux, des actes amoraux, des idées insensées, des souffrances démesurées,…bref, un jeu de disproportions qui frise, sinon dépasse, le bon goût.

A ce point nourri de malaise, j'ai porté jusque dans mes songes les images sanglantes de cet écrit. Et là, une question: était-ce vraiment utile? Alors que le divertissement littéraire a suffisamment prouvé qu'il pouvait prendre toutes les formes, j'en viens à me questionner sur le sens profond de l'extase des démembrements et explosions crâniennes en tous genres…

Une note un peu morbide, sans doute…mais uniquement pour attiser le débat du "littérairement correct" et se rendre compte, peut-être, que la notion de limite dans le milieu de l'écriture est probablement plus que relative…bien plus encore que dans le monde cinématographique où les images servent de garde-fou à une imagination parfois trop débordante…

Si vous l'avez lu…j'apprécierais des commentaires…